Mis à jour le 4 novembre 2026
Importer une voiture d’occasion d’Allemagne, pays de l’Union européenne, n’implique pas de droits de douane, mais exige plusieurs démarches : obtenir le quitus fiscal, réunir un justificatif de conformité technique (le certificat de conformité européen, ou COC), faire passer un contrôle technique si la voiture a plus de 4 ans, puis demander la carte grise dans le mois qui suit l’achat. Un malus écologique peut s’ajouter, réduit par une décote selon l’âge de la voiture. Voici le parcours dans l’ordre.
Avant d’acheter : annonce, vendeur et historique
Demandez avant toute visite le numéro de série (VIN), des photos des documents et du carnet d’entretien. Méfiez-vous des annonces trop belles et ne versez jamais d’acompte à un vendeur que vous n’avez pas pu identifier. Faites inspecter la voiture sur place par un expert ou un garagiste local, ou faites-vous accompagner.
Côté historique, le rapport gratuit HistoVec n’existe que pour les véhicules immatriculés en France. Pour une voiture venue d’Allemagne, l’équivalent n’est disponible qu’une fois la voiture immatriculée chez nous, et il ne retrace pas le passé allemand. C’est le cas d’usage où un rapport carVertical est vraiment utile : à partir du VIN, il peut contenir, lorsque des données existent, des relevés de kilométrage, des dommages, des photos d’anciennes annonces, des signalements de vol dans les bases internationales et l’historique d’immatriculation par pays. Un rapport coûte 32,99 € ; avec le code KALOFR, 26,39 €. Si vous comparez deux voitures, le pack de 2 revient à 35,18 € avec le code, soit 17,59 € le rapport (détails du code promo). Il ne remplace pas une inspection mécanique, ni un essai.
Les documents à obtenir du vendeur
D’après Service-Public.gouv.fr, pour une voiture immatriculée dans l’Union européenne, vous aurez besoin de :
- le certificat d’immatriculation d’origine (sans mention particulière) ou une pièce officielle de propriété, ou un document attestant que les autorités étrangères l’ont conservé ;
- la facture du vendeur ou le certificat de cession signé par l’ancien et le nouveau propriétaire (cerfa 15776) ;
- le justificatif technique de conformité : COC, attestation d’identification au type communautaire, attestation de vérification des données techniques délivrée par la Dreal ou procès-verbal de réception à titre isolé (RTI) selon le cas ;
- une preuve de contrôle technique, sauf dispense ;
- le quitus fiscal, sauf mention de dispense ;
- un justificatif de domicile de moins de 6 mois, le formulaire cerfa n° 13750 de demande de certificat d’immatriculation, et, si vous faites faire la démarche par un tiers, un mandat signé et sa pièce d’identité.
Vous certifiez aussi sur l’honneur disposer d’une assurance et d’un permis adapté. Faites traduire par un traducteur agréé les documents qui ne sont pas en français quand l’administration le demande.
Le quitus fiscal : pourquoi et comment
Le quitus fiscal, ou certificat fiscal, atteste que le véhicule est en situation régulière au regard de la TVA. Il est exigé pour immatriculer en France une voiture neuve ou d’occasion achetée dans un autre pays de l’UE.
- Dans les départements 06, 44, 57, 59, 62, 67, 69 et 75, la demande se fait obligatoirement sur le téléservice de l’ANTS, en même temps que la demande d’immatriculation.
- Ailleurs, elle se fait par courriel au service des impôts de votre département, avec le formulaire 1993-PART-D-SD, la facture ou le certificat de cession, le certificat d’immatriculation étranger, votre pièce d’identité et un justificatif de domicile.
- Si de la TVA est due, elle se règle par virement dans le cas général, ou par carte bancaire ou prélèvement dans les départements en téléprocédure.
La TVA française concerne surtout les véhicules « neufs » au sens fiscal : l’administration fiscale considère comme neuf un véhicule terrestre à moteur mis en service depuis six mois au plus ou ayant parcouru 6 000 km au plus. Pour une occasion plus ancienne et plus roulée, le quitus reste requis, mais en principe sans TVA française à acquitter ; vérifiez votre cas auprès du service des impôts.
Conformité technique : COC ou alternative
La voiture doit être conforme aux règles françaises de sécurité et de construction. Avec un COC, la démarche est simple. Le COC ne concerne que les véhicules de moins de 3,5 tonnes immatriculés pour la première fois après 1996. Sans COC, il faut un procès-verbal de réception à titre isolé délivré par la Dreal (la Drieat en Île-de-France). Si vous avez un certificat d’immatriculation définitif harmonisé UE, une attestation de vérification des données techniques délivrée par la Dreal peut suffire.
Contrôle technique : obligatoire au-dessus de 4 ans
Pour une voiture de plus de 4 ans, il faut une preuve de contrôle technique de moins de 6 mois à la date de dépôt de la demande de carte grise. Si une contre-visite est prescrite, elle doit avoir lieu dans les 2 mois, faute de quoi un nouveau contrôle complet est nécessaire. Prévoyez donc un rendez-vous dans un centre agréé en France dès l’arrivée de la voiture.
Plaques et circulation avant immatriculation
Les plaques étrangères doivent être valides à l’entrée en France, sinon le véhicule peut être immobilisé. Certains pays délivrent des plaques provisoires d’exportation ; quand les plaques ont perdu leur validité, la voiture circule avec des plaques provisoires et un certificat d’immatriculation spécial WW. Renseignez-vous sur les règles allemandes de radiation et de plaques auprès du consulat. Pensez à assurer la voiture dès le premier kilomètre.
Malus CO2, malus au poids et coût de la carte grise
Le coût du certificat d’immatriculation varie selon les caractéristiques du véhicule et la région ; utilisez le simulateur officiel. À cela peuvent s’ajouter deux taxes :
- le malus CO2 : en 2026, pour un véhicule réceptionné UE, il commence à 108 g/km, avec un plafond de 80 000 € ;
- la taxe sur la masse en ordre de marche : en 2026, elle commence à 1 500 kg, et le cumul des deux malus est plafonné à 80 000 €.
Pour un véhicule d’occasion importé, ces taxes sont réduites par une décote forfaitaire fonction de l’ancienneté depuis la première immatriculation à l’étranger : 3 % pour un à trois mois, 28 % pour 25 à 36 mois, 43 % pour 61 à 72 mois, jusqu’à 100 % à partir de 181 mois. Le malus est nul si la première immatriculation à l’étranger est antérieure au 1er janvier 2015. Les véhicules électriques et à hydrogène sont exonérés du malus CO2.
La taxe est due le jour de l’immatriculation en France et se règle sur le site de l’ANTS. Ces informations sont générales et ne constituent pas un conseil juridique.
La démarche d’immatriculation
Connectez-vous à l’ANTS avec FranceConnect ou l’application France Identité, choisissez le service dédié aux véhicules immatriculés à l’étranger, joignez les copies numériques et réglez les taxes. Vous pouvez aussi passer par un professionnel habilité, qui facture des frais de service. Une fois la carte grise reçue, commandez la vignette Crit’Air, qui dépend de la norme Euro de la voiture (notre guide Crit’Air et ZFE).
Les erreurs les plus fréquentes
- Acheter avant de connaître le justificatif de conformité : sans COC, un procès-verbal de réception à titre isolé s’ajoute au parcours.
- Oublier le quitus : sans lui, l’immatriculation est bloquée.
- Dépasser le délai de contrôle technique : un PV de plus de 6 mois à la date de dépôt, ou une contre-visite après 2 mois, oblige à tout refaire.
- Négliger les plaques : des plaques provisoires périmées exposent à une immobilisation.
- Laisser passer le mois pour déposer la demande de carte grise.
Avant de se lancer : un petit calcul
Comparez le prix allemand avec celui d’un modèle équivalent en France, en ajoutant le coût d’un déplacement ou d’un transport, la carte grise, le malus éventuel, le contrôle technique, d’éventuelles réparations et le temps passé. Si la voiture est en état moyen, l’économie peut fondre. Pour choisir un modèle, consultez notre classement de fiabilité et la checklist d’achat.
Questions fréquentes
Faut-il traduire les documents allemands ?+
Pour le quitus fiscal, une traduction certifiée est demandée si la facture ou le certificat d’immatriculation n’est pas en français. Pour le reste, vérifiez la liste des pièces sur le site de l’ANTS avant de déposer le dossier.
Combien de temps ai-je pour demander la carte grise ?+
Vous disposez d’un mois après l’achat pour demander le nouveau certificat d’immatriculation, d’après Service-Public.gouv.fr.
Une voiture de plus de 15 ans paie-t-elle le malus à l’importation ?+
La décote forfaitaire pour les véhicules d’occasion importés atteint 100 % à partir de 181 mois d’ancienneté depuis la première immatriculation à l’étranger, et le malus est nul si cette première immatriculation est antérieure au 1er janvier 2015. D’autres taxes d’immatriculation peuvent s’appliquer.
HistoVec fonctionne-t-il pour une voiture venant d’Allemagne ?+
HistoVec repose sur le système d’immatriculation français. Il ne couvre donc pas la période passée en Allemagne : avant l’immatriculation en France, le rapport ne sera pas disponible, et il ne contiendra pas l’historique allemand.
Peut-on faire l’immatriculation soi-même ?+
Oui, en ligne sur le site de l’ANTS avec FranceConnect ou l’application France Identité, ou par l’intermédiaire d’un professionnel habilité qui facture des frais de service.
Où obtenir le certificat de conformité (COC) ?+
Demandez-le d’abord au vendeur. À défaut, le constructeur ou son représentant peut en délivrer un. Sans COC, il faut un procès-verbal de réception à titre isolé délivré par la Dreal.
Sources
- Service-Public.gouv.fr : immatriculer un véhicule d’occasion
- Service-Public.gouv.fr : obligations pour immatriculer un véhicule acheté à l’étranger
- Service-Public.gouv.fr : quitus fiscal
- Service-Public.gouv.fr : malus CO2
- Service-Public.gouv.fr : taxe sur la masse en ordre de marche
- Impots.gouv.fr : obtenir un quitus fiscal